GénéaBlog
Bienvenue sur mon blog où vous retrouverez régulièrement des articles concernant … la généalogie !
Parchemin de 1603 !
Le 31 janvier 2026
Un document du début du XVIIe siècle à transcrire 📜

𝐈𝐥 𝐬’𝐚𝐠𝐢𝐭 𝐢𝐜𝐢 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐌𝐚𝐝𝐞𝐦𝐨𝐢𝐬𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐅𝐨𝐧𝐭𝐚𝐧𝐠𝐞𝐬, 𝐃𝐚𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐉𝐮𝐞́𝐫𝐲 (écrit « Jeury » dans le texte), 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐅𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐥𝐬, 𝐞𝐧 𝐋𝐨𝐳𝐞̀𝐫𝐞, 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐢𝐝𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐂𝐡𝐚𝐮𝐝𝐞𝐬-𝐀𝐢𝐠𝐮𝐞𝐬, 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐂𝐚𝐧𝐭𝐚𝐥, 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧 « 𝐡𝐨𝐬𝐩𝐢𝐭𝐚𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞𝐬 ». (AD 15, cote H-Dépot 4/3.)

𝘚𝘪 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘰𝘴𝘴𝘦́𝘥𝘦𝘻 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘤𝘵𝘦𝘴 𝘢𝘯𝘤𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘦𝘵 « 𝘰𝘣𝘴𝘤𝘶𝘳𝘴 » 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘷𝘰𝘶𝘴, 𝘫𝘦 𝘱𝘦𝘶𝘹 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘢𝘪𝘥𝘦𝘳 𝘢̀ 𝘭𝘦𝘴 𝘭𝘪𝘳𝘦.
« Je veux dédier ce poème » ...
Le 4 janvier 2026
Comment les Archives permettent d’écrire une généalogie musicale !
Récemment, j’écoutais la chanson de Georges BRASSENS « Les Passantes » interprétée par Olivia RUIZ dans l’émission La Grande Librairie. Je me souvenais l’avoir entendue il y a quelques années… et j’ai eu envie de raconter sa généalogie !
Comment ce poème est né il y a 125 ans ?
Comment Georges BRASSENS en a fait une balade en 1972 ?
Quelle adaptation espagnole est entendue dans un film multi primé en 2025 ?
Poète du Nord
Le 26 août 1888, Céleste Julia POL (née LAZMEZAS) met au monde un garçon à Douai, au 16 rue du Petit Pont, dans le foyer familial. Son mari, Florimond POL, meunier, déclare la naissance de l’enfant le lendemain auquel il donne les prénoms Antoine François.
En 1908, Antoine POL, alors âgé de 20 ans, prépare le concours pour entrer à l’École centrale des Arts et Manufactures de Paris. (Fondée en 1829 et appelée « Centrale », c’est l’une des plus anciennes écoles d’ingénieurs en France.)
À cette époque, il rédige des poèmes et met par écrit ses premières émotions amoureuses à travers un texte en particulier… Les Passantes, daté de 1911.
Il est diplômé ingénieur en 1913 et devient « Centralien ».
Mobilisé en 1914 dans le 9e régiment d’Artillerie à pied de Belfort, il rencontre Yvonne Marie Jeanne MENEBOODE, celle qui va devenir sa femme le 3 août 1915 à Belfort.
En octobre 1918, son livre Émotions Poétiques est édité à compte d’auteur à 110 exemplaires aux éditions du Monde Nouveau. Ce recueil de poèmes écrits entre 1908 et 1916 contient le texte intitulé Les Passantes.
Après la Première Guerre mondiale, la famille vit dans l’Est de la France au gré des fonctions d’Antoine POL : attaché au chef de service des Mines de fer de Lorraine à Metz, puis Directeur commercial d’une société de Mines et d’Électricité à Strasbourg jusqu’en 1925.
En avril 1925, le couple et leur deux enfants (nés en 1916 et 1921) s’installent à Paris quand Antoine POL prend la direction générale des Établissements CHATEL et DOLLFUS (importation et vente de charbon dans toute la France).

Chanteur du Sud
Au début des années 1940, Georges BRASSENS découvre par hasard le texte du poème dans le recueil Émotions poétiques déniché au marché aux puces de Vanves en région parisienne.
Le texte lui plait et il se met alors aussitôt à écrire les premières notes de musique mais le tout reste confidentiel.
Près de trente ans plus tard, à la fin des années 1960, il retrouve cette chanson dont il modifie quelque peu la mélodie. Il souhaite obtenir l’autorisation de l’auteur du poème et demande à son secrétaire particulier de retrouver Antoine POL. Malheureusement, Pierre ONTÉNIENTE cherche en vain le poète qui n’est inscrit ni à la société des auteurs, ni à la société des gens de lettres.
Alors qu’il a abandonné les recherches, Pierre ONTÉNIENTE reçoit un appel téléphonique le matin du 2 décembre 1970 : au bout du fil, le président du Cercle des Centraux Bibliophiles qui présente son projet de réaliser une édition d’une vingtaine de poèmes tirés des chansons de Brassens et illustrés par Jacques Hérold. Le secrétaire particulier promet de lui envoyer l’autorisation du chanteur et demande à qui il doit adresser le courrier. Réponse de l’interlocuteur : POL, Antoine POL… On imagine aisément le trouble et la surprise de Pierre ONTÉNIENTE quand celui-ci le questionne sur le poème… « Connaissez-vous un poème intitulé Les Passantes ? » … « En êtes-vous l’auteur ? » … « Mais cela fait des mois que Monsieur BRASSENS vous cherche ! » …
Dès qu’il raccroche, Antoine POL écrit une lettre à Georges BRASSENS de son domicile parisien situé au 84 rue de la Fontaine du 10e arrondissement. Lire ici la lettre et sa transcription.
Un rendez-vous manqué
Georges BRASSENS rentre de tournée six mois après le courrier d’Antoine POL. Et quand, il appelle à nouveau l’auteur chez lui, celui-ci ne décroche pas, mais Yvonne, sa femme, répond au chanteur… Son mari, Antoine POL, est décédé le 21 juin 1971 à Seine-Port en Seine-et-Marne.
Antoine POL n’aura pas pu entendre son poème mis en musique par Georges BRASSENS. Cependant, il était très enthousiaste à l’idée que son texte lui survive. Et l’avant-veille de sa mort, le 19 juin 1971, il confiait à son petit-fils, Bruno Antoine POL : « Moi j’ai écrit Les Passantes, toi tu les entendras chanter pour moi ».
Un texte et de nombreuses reprises
Georges BRASSENS crée sa chanson en reprenant sept strophes du poème original qui en contenait neuf. Lire ici le texte et l’adaptation. Il enregistrera ce titre en octobre 1972 dans l’album Fernande. Cette chanson sera interprétée pour la première fois en décembre 1972 à Bobino, salle de spectacle de la rue de la Gaité dans le 14e arrondissement de Paris.
La chanson Les Passantes fut reprise maintes fois en français et dans plusieurs langues étrangères.
En 2025, la chanson Las Damas que pasan, interprétée par Adrian PAZ et le Choeur mexicain conclut le film de Jacques Audiard, Émilia Perez, film primé à Cannes et lors des Césars et des Oscars.
Sources
Acte de naissance de Antoine François POL n°456 à Douai :
https://www.brunoantoinepol.fr/newpage2
https://parlesroutesduprintemps.blogspot.com/2014/06/je-veux-dedier-ce-poeme.html
https://www.alta-frequenza.corsica/actu/brassens_et_les_poetes_un_livre_de_jean_paul_sermonte_56759
Fin d'année 1899 difficile pour un directeur de journal !
Le 27 décembre 2025
Archives de l’hebdomadaire « L’Auvergnat de Paris »
Prudence en ce mois de décembre, synonyme de repas copieux et d’excès même en 1899 !
La fin d’année 1899 ne fut pas de tout repos pour Louis BONNET, journaliste et directeur du journal « l’Auvergnat de Paris » !
Ce billet, rédigé dans le numéro 52 du 24 décembre 1899, revient sur les excès « de noces, festins et banquets qu’on lui fait mener depuis quelques temps. » !

« Notre directeur, M. Louis Bonnet, a dû payer son tribut à la vie excessive de noces, festins et banquets qu’on lui fait mener depuis quelques temps. Fatigué des jours derniers, un peu saisi par le froid, il voulut, mardi, quoique malade, assister aux obsèques de son ami, M. Marcel Faye, que, par erreur, il croyait fixées pour ce jour-là, et aussi à celles de M. Bergognon fils. En revenant chez lui, il fut pris de fièvre et dut s’aliter. Son état n’inspire aucune inquiétude et n’a, du reste, nulle gravité, puisque M. Louis Bonnet a pu rédiger son journal comme d’habitude. Mais son médecin lui a prescrit la chambre quatre ou cinq jours et il ne pourra vraisemblablement reprendre tout son travail que mardi. Si nous mentionnons cette indisposition, c’est tout simplement pour expliquer comment M. Louis Bonnet n’a pu assister à aucune des fêtes, réunions ou cérémonies auxquelles il a été convié cette semaine. »
L’Auvergnat de Paris, hebdomadaire créé le 14 juillet 1882, par le cantalien Louis BONNET (né le 24/05/1856 à Aurillac – décédé le 12/04/1913 à Paris 4e), pour fédérer et aider les auvergnats « montés » à Paris mais aussi plus largement les expatriés originaires du Massif Central. Louis est le fils de Jean BONNET, originaire de Saint-Flour, propriétaire du « Moniteur du Cantal », et de Marie Justine PICUT.

Un calendrier de l'Avent 2025 autour de la paléographie




























Abattement d'un arbre de la fraternité en 1798 !
Le 8 novembre 2025
Une découverte dans les archives judiciaires !
Voici l’histoire mouvementée de l’arbre de la fraternité planté sur la place du Gravier de Chaudes-Aigues dans le Cantal entre 1794 et 1798.
Ce récit est basé sur les Archives de la période révolutionnaire – Série L : Administrations et tribunaux, cote L 1805 du tribunal correctionnel de Saint-Flour.

Le 20 Messidor de l’an VI (le 8 juillet 1798) de la République française une et indivisible, un dossier est ouvert contre « le citoyen PASCAL de la commune de Chaudesaigues accusé d’avoir coupé l’arbre de la fraternité en ladite commune il y a environ trois ans ».



Voici la chronologie des évènements et les éléments du dossier.
Le 11 juillet 1798
Une cédule (= écrit notifié par une autorité judiciaire) est dictée par Guillaume BORY
Guillaume BORY, directeur du jury de l’arrondissement de Saint-Flour, mandons et ordonnons à tous, huissiers ou gendarmes nationaux, d’assigner Guillaume A. de Chaudesaigues, Jeanne Marie G. fille à Pierre G. dudit lieu, et Pierre B. dudit Chaudesaigues, témoins indiqués par l’accusateur public auprès du tribunal criminel du département du Cantal et trois autres qui pourraient être indiqués par la suite à comparaitre en personne pardevant nous, le 29 Messidor, à dix heures du matin, pour faire une déclaration sur les faits et circonstances dont ils seront interrogés.
Fait à Saint-Flour le 23 Messidor de l’an VI de la République française une et indivisible.
Le jour même, muni de la cédule notifiée par Guillaume BORY, Mathieu DÉLORIER, huissier résidant à Saint-Flour, se déplace à Chaudesaigues aux domiciles des trois témoins cités pour leur donner une citation à comparaitre en personne devant la chambre de l’instruction le 29 Messidor du présent mois à huit heures du matin pour faire leur déclaration sur les faits. Faute de se rendre à cette convocation, ils y seront contraints par tous les moyens du droit.

Le 17 juillet 1798
Le 29 Messidor devant Guillaume BORY, assisté de Pierre DESSAURET, commis greffier, sont comparus Guillaume A. tisserand, Jeanne G. fille majeure, et Pierre B. ainé fils à Jean, tisserand, habitants tous les trois à Chaudesaigues.
Les trois témoins, après avoir prêté serment de « dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, ont fait les déclarations suivantes » :
- « Guillaume A., tisserand, habitant de Chaudesaigues, âgé d’environ trente ans ; je déclare n’être ni parent, ni allié, ni domestique d’aucune des parties. Je dépose qu’il y a environ trois ans et demi, en me promenant sur la place du Gravier de Chaudesaigues, (je ne me rappelle pas du jour exact), sur les 10/11 heures du soir, j’aperçus le citoyen Pascal, alors membre de l’administration municipale de la commune ; celui-ci prit l’arbre de la fraternité, il le coupa par le milieu, le plia et emporta le morceau qui avait été séparé du tronc. » Il signe sa déposition.
- « Jeanne G., fille majeure, habitante de la commune de Chaudesaigues, âgée d’environ trente ans ; je déclare n’être ni parente, ni alliée, ni domestique d’aucune des parties. Je dépose que j’ai entendu dire par « bruit public » et notamment par Guillaume A., Pierre B. et Guillaume F. que la conduite du citoyen Pascal pouvait inculper tant d’habitants de Chaudesaigues, lui qui avait coupé l’arbre de la fraternité. » Elle déclare ne pas savoir signer.
- « Pierre B. fils ainé à défunt Jean, tisserand, habitant de la commune de Chaudesaigues, âgé d’environ vingt ans ; je déclare n’être ni parent, ni allié, ni domestique d’aucune des parties. Je dépose ne rien savoir. » Il signe sa déposition.
Le 17 août 1798
Le trente Thermidor de l’an VI de la République française une et indivisible, Guillaume BORY ordonne à tous les exécuteurs de mandement, d’amener devant le tribunal le citoyen Jean Baptiste Joseph PASCAL, ex-président de l’administration municipale du canton de Chaudesaigues, demeurant dans cette commune, afin qu’il soit entendu à propos des inculpations dont ledit citoyen est prévenu. Guillaume BORY requière tous dépositaires de la force publique de prêter main forte en cas de nécessité pour l’exécution du présent mandat.

Le 19 août 1798
Le deux Fructidor, Mathieu DÉLORIER, huissier, se déplace à Chaudesaigues pour signifier à Jean Baptiste Joseph PASCAL sa convocation. Il se rend à son domicile et, en parlant avec Elisabeth PASCAL, sa sœur, elle lui apprend que son frère est absent de son domicile depuis trois ou quatre jours. Devant témoins, l’huissier fait alors une perquisition « dans tous les coins et recoins » de la maison dudit PASCAL mais, ne le trouvant pas, il se retire après avoir laissé la convocation.
Le 20 août 1798
Le dernier document est l’interrogatoire fait par Guillaume BORY, directeur du jury de l’arrondissement de Saint-Flour, assisté de François GIZOLME, greffier au tribunal correctionnel, de Jean Baptiste Joseph PASCAL, qui s’est finalement présenté, citoyen habitant de la commune de Chaudesaigues, le trois Fructidor :
Nom, surnom, âge, qualité et demeure
Réponse : Jean Baptiste Joseph PASCAL, homme de loi, habitant du lieu et commune de Chaudesaigues, âgé de trente-quatre ans.
Citoyen Pascal, de ta connaissance, un arbre de la fraternité a-t-il été planté sur la place du Gravier de la commune de Chaudesaigues, par qui et à quelle époque ?
Réponse : À ma connaissance, il a été planté un arbre de la fraternité sur ledit Gravier, il y a environ quatre ans et cet arbre fut planté à la réquisition et par les ordres de la municipalité.
As-tu coupé cet arbre par le milieu vers les onze heures de la nuit dans le courant de l’an trois et par quels motifs ?
Réponse : Non.
Cet arbre était-il vert ? En a-t-on substitué un autre ?
Réponse : Je ne sais pas si cet arbre avait poussé, ne restant presque pas à Chaudesaigues pendant l’été. À ma connaissance, au printemps dernier, on en a planté un autre.
Tu ne dis pas la vérité puisque l’un des témoins entendus a déclaré t’avoir vu pendant la nuit coupé ledit arbre par le milieu et en emporter une partie.
Réponse : Je persiste dans ma précédente réponse et j’ajoute que le fait est d’autant plus faux qu’il est de notoriété publique que je me retire toujours tant en été qu’en hiver au plus tard à dix heures du soir.
Pas d’autres questions.
Lecture à lui faite de son interrogatoire, qu’il dit contenir la vérité, persiste et signe avec le greffier ainsi que le directeur du jury.
Suivent les signatures : Pascal. Gizolme. Bory.
« Sur quoi, le citoyen Pascal, d’après ses réponses, l’avons mis en liberté provisoire, sauf plus amples informations.
Fait et ordonné à Saint-Flour, le trois Fructidor sixième année républicaine. »



Contexte historique
Par un décret du 22 janvier 1794, la Convention nationale oblige chaque commune à disposer d’un arbre de la liberté sur son sol. D’autres arbres qualifiés d’arbres de la fraternité, de l’union, de la raison ou bien de la vertu ont aussi pu être plantés, mais cela demeure marginal en comparaison des plantations symbolisant la liberté.
En raison de sa centralité dans l’espace public mais aussi civique, l’arbre de la liberté fait l’objet de toutes les attentions, que celles-ci proviennent de ses détracteurs ou de ses protecteurs. S’il est un végétal célébré, cet arbre est aussi un végétal contesté. Ainsi, dès les années 1790, les consignes qui accompagnent les plantations sont associées à des mesures de préservation. Le décret du 22 janvier 1794, celui-là même qui oblige chaque commune à disposer de son arbre de la liberté, invite les citoyens à prendre soin des arbres en question. Le 13 janvier 1798, un autre décret prévoit une liste de sanctions pour ceux qui oseraient s’attaquer à l’arbre.
Plus d’informations dans l’article « Les arbres de la liberté : une histoire entre nature, culture et politique » par Benoît LIVET, agrégé et doctorant en histoire contemporaine.

Les archives de l'Institut National de la Propriété Intellectuelle
Le 26 octobre 2025
Les archives de l’INPI : une source complémentaire pour une généalogie !
Pour finaliser mon installation en tant que généalogiste professionnelle, j’ai créé mon entreprise individuelle auprès de l’INPI. Et sur le site, en bas de page, une expression m’interpelle… « Portail archives historiques ». Je clique alors sur le lien … et me voici sur cette page : https://archives.inpi.fr/

Comme souvent sur les sites d’archives, je passe de page en page, je fouille et je farfouille … à la recherche d’histoires, de destins insolites… Et me voilà sur la page de Jacques VIAL, liquoriste à Clermont-Ferrand, inventeur du « Ratafia des Arvernes d’Auvergne et de Clermont-Ferrand » dont le brevet N°47 906 a été déposé le 11 décembre 1860 !



Suit alors la recette de cette liqueur :
« Demande d’un Brevet d’Invention pour quinze années par m[onsieu]r Vial Jeune, liquoriste à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour une liqueur qu’il a inventée, à laquelle il donne le nom de Ratafiat des Arvernes d’Auvergne et de Clermont.
Description.
Cette liqueur se compose : de quarante parties de sucre, trente-cinq parties d’alcool pur et vingt-cinq parties de sucs de fruits des noms suivants : pommes, noix, poires, prunes, pêches, merises, mûres, cerises, groseilles, fraises, framboises, cassis, sorbes, coings et bleuets.
L’inventeur désire que la protection du brevet s’étende aussi sur la dénomination de la liqueur.
Signature : Vial Jacques
Clermont-Ferrand, le 11 décembre 1860. »
Mais qui est donc ce monsieur, Jacques VIAL, liquoriste à Clermont-Ferrand et inventeur de la liqueur appelée « Ratafia des Arvernes d’Auvergne et de Clermont » ?
En voici une biographie succincte dont tous les évènements sont sourcés.
Jacques Philippe VIAL nait le 15 décembre 1815 à Saint Etienne les Orgues dans le département des Basses Alpes (il s’agit maintenant du département des Alpes de Haute Provence). Il est le fils d’Etienne VIAL, propriétaire et droguiste, et d’Angélique CHABUS, mariés le 16 février 1813 dans cette même commune. Le couple accueillera 4 enfants tous nés à Saint Etienne les Orgues : Jean Louis Marie né le 8 décembre 1813 ; Jacques Philippe né le 15 décembre 1815 ; Marie Silvie née le 16 septembre 1817 ; Pascal Etienne Jacques Philippe né le 10 avril 1819. Angélique mourra sept mois après la naissance du dernier enfant du couple, le 15 novembre 1819.
Le 10 juin 1841, la fratrie vit seule à Saint Etienne les Orgues : en effet, leur père, Etienne VIAL, est décédé près d’un an auparavant, le 8 mai 1840.
Mais à la fin de ce même mois, Jacques et son frère Louis se sont installés à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme où ils ont emménagé au 4 rue Saint Dominique avec Antoine GENESTINE, tous les trois sont négociants dans cette rue commerçante de la capitale auvergnate. Antoine GENESTINE sera le fondateur de la distillerie GINESTINE en 1845.
Il vit près de huit années avec Antoine GENESTINE et sa famille au 4 rue Saint Dominique. Il est présent lorsque Antoine meurt à son domicile le 4 juillet 1849 et il reste avec sa veuve, Marguerite Agathe LHERITIER, et les trois enfants de celle-ci, Anaïs, Edouard et Francisque. Jacques est alors commis chez Marguerite.

Le 19 avril 1852, alors âgée de 37 ans, Jacques épouse Marie DECOMBAS, 28 ans, à Clermont-Ferrand. Elle est la fille d’un maitre menuisier, Gabriel DECOMBAS, et de Marie GATEAU, son épouse. Alors que Marguerite Agathe LHERITIER s’est remariée un mois avant et a déménagé avec ses 3 enfants, rue Saint Louis, Marie s’installe chez Jacques au 4 rue saint Dominique. De cette union, vont naitre trois enfants : Louis Gabriel Marius VIAL, né le 14 janvier 1853 et décédé le 13 février 1853 ; Marie Clémentine VIAL née le 30 avril 1854 ; Céline Louise VIAL née le 18 septembre 1855.
Le 13 décembre 1860, Jacques VIAL rédige une demande de brevet pour sa liqueur qu’il adresse au ministère de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics ; ce brevet sera validé le 18 mars 1861.
Après seulement 13 ans de mariage, le 15 novembre 1865, Jacques Philippe VIAL, liquoriste au 4 rue saint Dominique depuis 1841, décède à son domicile laissant sa veuve et ses deux filles, Marie et Céline.
Vous avez, vous aussi, un inventeur dans votre généalogie ?
Vous voulez en savoir davantage sur un brevet ou une marque déposée ?
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Le début d'une généalogie foncière
Le 20 octobre 2025
Comment déterminer une origine de propriété avec le cadastre napoléonien ?
La généalogie familiale ne se contente pas de lister nos ancêtres avec des dates de naissance, de décès et éventuellement de mariage. Pour donner du « corps » à notre histoire familiale, des recherches dans le fonds du cadastre et des hypothèques sont souvent nécessaires pour en connaitre davantage sur nos aïeux.
Les recherches dans le fonds du cadastre et des hypothèques ne sont pas aussi aisées que celles dans les registres d’état civil.
La première étape consiste à retrouver le numéro de la parcelle choisie dans une commune.
Mais attention, il existe deux cadastres. Le premier cadastre parcellaire français est le « cadastre napoléonien » . C’est la loi de finance du 15 septembre 1807 qui en est à l’origine. Les travaux de confection du cadastre parcellaire commencent dès 1808, pour se terminer en 1850 en France continentale. Le second cadastre, appelé « cadastre rénové », en application de la loi du 16 avril 1930, a permis de substituer au cadastre napoléonien une nouvelle documentation cadastrale actualisée et mise à jour en permanence. Le cadastre rénové couvre la période de 1930 à 1975, mais toutes les communes ne sont pas rénovées en 1930, et l’opération s’est, elle aussi, déroulée sur plusieurs années. Attention, à l’occasion de la rénovation, les numéros de sections et de parcelles ont été modifiés, et il n’existe pas toujours de concordance entre les anciens et les nouveaux numéros…
Voici le plan cadastral daté de 1832 de la commune de Chaudes-Aigues dans le Cantal sur lequel j’ai travaillé.

La recherche de propriété d’une parcelle m’a aussi permis de dater la création de la route Royale n°121 dans cette commune : cette rue traverse Chaudes-Aigues !
Pour lire le document, c’est ici.
Vous souhaitez, vous aussi, connaitre la généalogie foncière d’un bien familial ?
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La biographie de Marie Elisabeth (1851-1871)
Le 4 octobre 2025
Quand les archives hospitalières permettent de mettre un point final à la rédaction d’une biographie…
Il n’est pas nécessaire d’être connu pour qu’un jour quelqu’un écrive votre biographie ! Si l’on considère que les dates de naissance, de décès et éventuellement de mariage constituent le squelette d’un ancêtre, alors mon travail de généalogiste est de donner un corps à ce squelette en racontant son histoire ! (Cette métaphore n’est pas de moi mais de Stéphane Cosson, généalogiste et professeur de généalogie à l’université de Nîmes : elle m’accompagne depuis ma formation !)
Voici l’histoire de Marie Elisabeth…
Dans une petite commune de l’Aube, le recensement de 1851, clos le 26 mai, nous apprend qu’Héloïse, 20 ans, vit avec ses parents Jean Baptiste et Marie Anne, et ses frères et sœurs, Alexandre, 17 ans, Georges, 16 ans, et Julie 10 ans. Héloïse est « sans profession et vit du produit du travail de ses parents » qui sont tous les deux matelassiers. Elle est pourtant elle-même matelassière, mais son état ne lui permet peut-être plus de travailler. Elle est en effet sur le point d’avoir un enfant.
Et le 19 juin 1851, Héloïse accouche de Marie Elisabeth qui nait à deux heures du matin chez ses grands-parents maternels. La déclaration de naissance est faite par Victorine, sage-femme, qui a aidé « Héloïse, 20 ans, matelassière, à accoucher ». Marie Elisabeth porte alors le nom de sa mère.

Au même moment, Charles, 23 ans, charretier, vit avec sa famille dans un village voisin et près de deux ans plus tard, le 28 avril 1853, il épouse Héloïse. Marie Elisabeth est légitimée par cette union : elle prend alors le nom de Charles qui est désigné comme son père. En 1856, Marie Elisabeth, âgée de 5 ans, habite avec ses parents et son petit frère Alexandre, né en 1854. Son père, Charles, est scieur de long.

En 1861, Marie Elisabeth, qui a alors 10 ans, ne vit plus avec ses parents : elle est recensée chez ses grands-parents maternels, Jean Baptiste et Marie Anne, dans la commune de sa naissance.
Elle n’apparait plus dans les recensements suivants : ni chez ses parents qui ont accueilli deux autres enfants, Georges et Julie, ni chez ses grands-parents qui disparaissent également des recensements de l’Aube.
Mais où est-elle ?
Méthodologie
Ses grands-parents, Jean Baptiste et Marie Anne ont vécu à Paris dans les années 1830. Sa mère Héloïse y est née. J’y retrouve également le décès de sa grand-mère, Marie Anne, en 1869… aurait-elle suivi ses grands-parents dans la Capitale ?
Après plusieurs battues dans les tables décennales des arrondissements de Paris, elle apparait enfin dans les registres de décès : « L’an 1871, le 7 février, à une heure du soir, est décédé rue Ambroise Paré, 2, Marie […], âgée de dix-neuf ans, blanchisseuse, rue de Chartres, 21, né à […] (Aube), célibataire ».
Pour avoir effectué plusieurs recherches dans les archives hospitalières de Paris, je reconnais l’adresse « 2 rue Ambroise Paré » : il s’agit de l’hôpital Lariboisière.


Historique de l’hôpital Lariboisière
La décision de créer un nouvel établissement général à Paris appelé hôpital du Nord date de l’année 1839. Édifié de 1846 à 1854 selon les plans de l’architecte Gauthier sur un terrain acheté par la ville de Paris en 1818, il se situe exactement à l’emplacement de la léproserie appelée enclos Saint-Lazare.
Avant même qu’il soit construit, l’hôpital du Nord reçoit dès 1841 le nom d’hôpital Louis-Philippe.
Après la révolution de 1848 il est rebaptisé hôpital de la République.
Redevenu l’hôpital du Nord en 1852, l’administration lui attribue finalement en 1853 le nom d’hôpital Lariboisière en souvenir des libéralités de la comtesse Élisa de Lariboisière. Née le 22 janvier 1794 à Paris, fille d’Antoine Roy, ministre des Finances à la Restauration, et épouse du comte de Lariboisière, fils du général d’Empire, elle s’était signalée de son vivant par ses libéralités. À son décès survenu le 27 décembre 1851, elle lègue par testament la plus grande partie de sa fortune pour la fondation d’un hôpital à Paris.
L’hôpital, alors l’un des plus beaux de Paris, est aussi très novateur en termes d’architecture : c’est en effet le premier site de type pavillonnaire construit en France, inspiré des idées développées par Jacques Tenon à la fin du siècle précédent. Il accueille ses premiers patients le 13 mars 1854. On le surnomme rapidement le Versailles du pauvre, car fréquenté en grande partie par la population défavorisée des quartiers avoisinants.
Méthodologie
Sur le site des archives de l’APHP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), je retrouve Marie dans le registre des entrées et sorties de cet établissement : on lui diagnostique une péritonite puerpérale, c’est-à-dire une infection suite à un accouchement. Dans le registre des décès de l’hôpital, il est bien précisé qu’elle est née dans une petite commune de l’Aube, qu’elle est âgée de 19 ans, mais les parents ne sont pas mentionnés. Après vérification, il n’y pas de doute possible : c’est bien Marie Elisabeth ! Mais une dernière interrogation apparait … si elle est décédée des suites d’un accouchement, où est l’enfant ? A-t-il survécu ? Est-ce une fille ou un garçon ? Après une nouvelle battue dans les registres de naissances et de décès, je retrouve son fils. Les recherches dans les registres des enfants assistés de Paris aboutissent et les quelques informations de cette source me permettent de retracer les évènements.
Marie accouche le 31 janvier 1871 d’un garçon prénommé Henri.
Le 6 février, elle se présente à l’hôpital Lariboisière avec son fils, elle est fiévreuse. Le médecin lui diagnostique une péritonite puerpérale et le lendemain, elle meurt d’une infection des suites de son accouchement.
Son fils Henri est alors placé à l’hôpital Saint Vincent de Paul, appelé à l’époque « Hospice des Enfants Assistés » où il décèdera quelques jours plus tard, le 16 février 1871.
Durant cette période, les parisiens ont subi un siège organisé par les prussiens. Il est nécessaire de recontextualiser pour comprendre les conditions de vie à Paris en cette fin d’année 1870 subies par la population et en particulier par Marie Elisabeth, enceinte à cette époque.
Contexte historique de la fin d’année 1870 jusqu’en février 1871
Le chancelier Bismarck souhaite unifier les provinces germaniques en un seul pays, l’Allemagne. Il considère que l’Alsace et la Moselle doivent faire partie de cette entité germanique. En novembre 1869, le trône d’Espagne est vacant, le gouvernement provisoire espagnol l’offre à un prince prussien et Guillaume Ier, roi de Prusse, lui donne son consentement en juin 1870. La France, qui craint la présence prussienne au Sud et à l’Est de ses frontières, demande au roi Guillaume Ier de retirer son accord. Le Chancelier Bismarck fait alors croire que l’envoyé de Napoléon III, qui doit négocier cette requête, a été mal reçu par le roi de Prusse Guillaume Ier. Son piège fonctionne et, après avoir hésité, Napoléon III se laisse convaincre par une partie de son gouvernement de déclarer la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870.
Le début de la guerre est une suite de défaites : Wissembourg, Forbach, Woerth, Beaumont, mais surtout entre le 30 août et le 2 septembre 1870, la défaite de Sedan provoque à la capitulation de l’Empereur Napoléon III qui est fait prisonnier.
Le 4 septembre, le Second Empire n’est plus et la Troisième République est proclamée : un gouvernement de Défense nationale est mis en place. Mais cette jeune République ne parvient pas plus à arrêter les troupes de la Prusse et de ses alliés allemands. Durant tout l’automne, l’armée française se bat sur plusieurs fronts : à l’Est, au Nord, dans le Centre et en Bourgogne. Et le siège de Paris commence dès le 19 septembre. En janvier 1871, Paris est coupée de toutes les armées qui, depuis la province, auraient pu lui venir en aide. La défaite est inévitable et le gouvernement de Défense nationale doit négocier avec ses ennemis.
Entre-temps, la Prusse et ses alliés du Nord ont négocié avec les états allemands du Sud pour créer un nouvel Empire allemand. Ce dernier est officiellement proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, occupé par les Prussiens, le 18 janvier 1871.
L’hiver 1870-1871 est terrible et la situation est épouvantable dans Paris ravagé par le froid et la famine. Le 22 janvier, une première insurrection parisienne éclate aux cris de « Vive la Commune ! » : les parisiens veulent empêcher le gouvernement de Défense nationale de décider de la capitulation de Paris. Mais le 28 janvier, le pouvoir français capitule et un armistice est conclu. Le traité de Francfort est ratifié le 10 mai 1871. Il met fin à la guerre franco-allemande de 1870-1871.
Les obligations de la France sont lourdes : en particulier, l’Alsace, la Moselle, une partie de la Meurthe et des Vosges sont cédées à l’Empire allemand ; la France doit verser une indemnité de 5 milliards de francs-or en trois ans.
En conclusion,
N’ayant pas eu de descendance et étant née sous le nom de sa mère, Marie Elisabeth n’apparait pas dans les arbres généalogiques des sites Internet comme Geneanet. Il s’agit évidemment d’une véritable histoire, celle de la sœur d’un de mes aïeuls, histoire qui m’avait échappé pendant des années… Ces quelques lignes auront eu le mérite de faire « revivre » cette jeune femme ainsi que son fils. J’aurais préféré que cette biographie se termine mieux : que son fils lui survive, qu’il ait une descendance… malheureusement, ce ne fut pas le cas.
Mais les différentes sources généalogiques m’ont permis de conter son histoire !
Tous les évènements ainsi que toutes les dates de cet article sont sourcés.
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Être aubergiste en 1814 en Auvergne... pas si simple !
Le 27 septembre 2025
Quand on fait des recherches généalogiques, on sait ce que l’on cherche…
mais on ne sait jamais ce que l’on va trouver !




Je travaillais sur la généalogie foncière d’une auberge à Chaudes-Aigues au début du XIXe siècle … quand je découvre ce document aux Archives départementales daté du 30 avril 1814 ! Je vous laisse le découvrir !
Être aubergiste ou cabaretier … Ce n’est vraiment pas un métier facile ! Même au XIXe siècle !
Si vous souhaitez une transcription du document, c’est par ici !
La paléographie est une mission du généalogiste professionnel : il s’agit de transcrire des textes anciens ligne par ligne sans changer l’orthographe de l’époque. (Seuls les accents et le découpage des mots sont ajoutés pour faciliter la lecture.) Cette transcription est faite ligne par ligne avec l’orthographe du XIXe siècle.
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Un curé de paroisse décrit une "bête féroce" dans le Gévaudan
Le 20 septembre 2025
Quand le curé de la paroisse d’Aumont en Lozère écrit dans son registre paroissial à propos d’une « bête féroce » qui terrorise la population locale sous le règne de Louis XV …



Quand on fait des recherches généalogiques, on sait ce que l’on cherche mais on ne sait jamais ce que l’on va trouver !
Avez-vous déjà entendu parler de la « bête » qui sévit dans les années 1760 dans les départements de la Lozère, du Cantal et de la Haute-Loire essentiellement ? Cela vous dit quelque chose ? Oui ? Mais avez-vous déjà vu et lu un texte original écrit par un contemporain, ici l’abbé Trocellier, curé de la paroisse d’Aumont en Lozère, entre 1764 et 1767 ?
Comment ai-je trouvé ce document ? Et bien, je cherchais un acte de sépulture dans un registre paroissial et je suis tombée par hasard sur celui de Catherine VALY, « dévorée par la bête féroce le 25 novembre 1764 et qui la surprit à quatre pas du lieu où elle avait conduit une vache pour la faire boire et brouter les herbes vertes. »

Quelques lignes plus loin, j’ai découvert un texte intitulé « Bette féroce » dans lequel le prêtre raconte comment la « bête » a sévi dans la région.
Selon lui, cette bête « tua à Apcher, Saint Juéry, Sainte Colombe, Saint Alban, Rieutort d’Aubrac, mais aussi du côté de Saugues et de Langogne, même jusque dans la paroisse de Maurines, et elle se serait répandue dans le pays de la Haute Auvergne et jusque dans le Rouergue. Elle aurait dévoré plusieurs dizaines de personnes et en aurait aussi blessé presque autant. Parmi ces blessés, certains auraient perdu l’esprit. »
Il tente ensuite de la décrire d’après les propos rapportés par des gens qui l’ont croisée : « Elle semble tellement agile que l’on a cru qu’il y en avait plusieurs. Elle est parfois petite, parfois grande. Elle peut se redresser sur ses deux pattes arrière et parait alors de la taille d’un homme. Certains comparent cet animal à un singe, d’autres à un renard, une hyène, une panthère, une lionne, d’autres disent que l’animal est de la grandeur d’un âne avec des oreilles plus longues que celles du loup et un museau semblable à celui du cochon ! Cette bête aurait les yeux étincelant du loup. »
L’abbé Trocellier décrit alors les nombreuses chasses qui ont eu lieu pour combattre cette bête féroce : « Plus de mille personnes ont chassé cette bête : tous les habitants des villages mais aussi des seigneurs venus de tout le pays. » Selon le curé, « certains n’ont rien fait et sont venus pour prendre l’argent ! » Il poursuit : « On a cru l’avoir tuée plusieurs fois. Mais au printemps 1767, alors que la bête sévissait du côté de Saugues en Haute-Loire, elle fût finalement tuée et sa carcasse envoyée à Paris. »
La réalité est sans doute un peu différente mais ce témoignage est le reflet de ce que les habitants de la Haute-Auvergne, du Rouergue et du Gévaudan ont éprouvé durant cette époque.
Pour retrouver le document original sur le site des Archives de Lozère, cliquez ici.
Si vous souhaitez une transcription du document original, cliquez ici.
Cette transcription est faite ligne par ligne avec l’orthographe du XVIIIe siècle. J’ai appris à transcrire des écrits anciens durant ma formation à l’université de Nîmes. Et je me suis découvert une passion ! Merci à J. Mach, professeur de paléographie des D.U. de généalogie.
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Une généalogie foncière : un bâtiment de Saint-Flour (15)
Le 12 septembre 2025
Si vous connaissez Saint-Flour dans le Cantal,
ce plan datant de 1834 vous rappelle-t-il quelque chose ?





La généalogie n’est pas qu’une liste de dates ! C’est aussi et surtout des histoires ! Des récits familiaux bien sûr, mais aussi des histoires de lieux et de constructions depuis leur origine : ainsi, en étudiant les actes notariés, les cadastres anciens, les documents des archives communales et départementales, on peut retrouver les propriétaires et les usages successifs des parcelles.
Le 8 novembre 1834, Guillaume Alexis HENRY, agissant en sa qualité de maire de Saint-Flour, vend pour 8 000 francs un terrain communal appelé « Allée des Gros Arbres » à des négociants afin d’y implanter une usine de couvertures.
Dans les délibérations municipales de l’époque, on peut lire que « le bâtiment que les messieurs Chauliaguet se proposent d’élever aura le double avantage d’embellir la promenade et d’être avantageux à la ville ».
Si vous souhaitez en savoir davantage sur l’histoire de ce lieu sanflorain, lisez le mémoire que j’ai rédigé à son sujet en cliquant sur le lien suivant https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04783592v1/document
Bonne lecture !
Un document particulier : le testament
Le 5 septembre 2025

Le testament : un document précieux et riche d’informations pour un généalogiste !
Les trois principales formes du testament sont :
- Le testament olographe entièrement rédigé à la main, daté et signé par le testeur.
- Le testament authentique dicté par le testeur au notaire, en présence de deux témoins ou d’un second notaire.
- Le testament mystique : c’est un testament secret qui, une fois écrit, doit être clos, cacheté et scellé puis remis à un notaire en présence de deux témoins.
Au XIXe siècle, la rédaction de testaments était beaucoup plus courante qu’aujourd’hui. Ainsi dans les campagnes, les paysans propriétaires testaient souvent pour organiser la transmission de leurs terres.
Voici la première page du testament mystique d’un lieutenant de gendarmerie en retraite daté du 8 juin 1821, scellé de la lettre « R » : testament que j’ai retrouvé aux Archives départementales du Cantal.
Quels documents utiliser pour construire sa généalogie ?
Le 1er septembre 2025

Pour mener à bien une recherche généalogique, plusieurs types de sources sont indispensables :
- Tous les documents familiaux comme des photos, des lettres, des carnets, des livrets de familles, des testaments, des contrats de mariage, des déclarations de successions, des actes de vente immobilière, etc.
- Les archives publiques où sont conservés les actes d’état civil, les registres des notaires, les registres militaires, etc.
- Les outils numériques qui permettent de retrouver certains documents numérisés.
Qu'est-ce que la généalogie familiale ?
Le 30 août 2025
La généalogie familiale permet de retracer l’histoire de sa famille, de découvrir ses origines et de comprendre son héritage.
À travers des archives et des témoignages, cette activité offre une plongée dans le passé, révélant des liens insoupçonnés et des récits souvent émouvants. Mais en quoi consiste exactement la généalogie familiale ?
La généalogie familiale est l’étude des ascendants, des descendants et des collatéraux d’une personne ou d’une famille. Elle permet de reconstituer l’arbre généalogique en collectant toute sorte d’informations sur les individus qui le composent. On pense bien évidement aux nom et prénoms, date de naissance, de décès et éventuellement de mariage. Mais la généalogie familiale ne se limite pas à cela. Elle permet de retracer le parcours de vie de nos ancêtres : leurs métiers, leurs migrations, leurs lieux de vie, l’environnement familial et professionnel, le parcours militaire, les écoles fréquentées, leurs biens transmis en héritage, etc.
S’intéresser à la généalogie pour savoir d’où l’on vient, pour connaitre ses racines culturelles, sociales, géographiques, pour transmettre un patrimoine, pour découvrir des histoires personnelles, pour renforcer les liens familiaux, …
